Le
Mirage III S
Entre le pilote et le Mirage, ce ne pouvait être
qu'une histoire d'amour, passionnée et passionnante.
Cela commençait par le coup de foudre à la vue
de cette silhouette racée aux lignes parfaites et ça
continuait par une aventure fabuleuse, par des chevauchées
fantastiques dans des champs d'azur illimités.
Jamais notre aviation ne fit un bond plus grand qu'avec l'introduction
du Mirage III S, qui nous projetait d'un seul coup vers les
altitudes vertigineuses où le ciel devient noir, tout
près des étoiles, à des vitesses que
plus aucun autre de nos avions ne devait atteindre.
Jamais notre aviation ne se sentit aussi forte que pendant
les quelques années où le Mirage III S nous
a permis, avec nos voisins français, d'être les
seuls à disposer en Europe, d'une capacité de
combat tous temps, tous azimuts, de jour comme de nuit, depuis
le ras du sol jusqu’à haute altitude!
Monture exigeante s'il en fut, on devait se montrer plein
d'attention envers elle, la cajoler, la découvrir à
petits pas, s'en faire une complice et, surtout, lui témoigner
du respect. Alors, elle vous récompensait par une fidélité
sans faille, même dans les pires circonstances. Alors
se nouait entre le pilote et son avion comme un lien de tendresse…
Adieu,
sublime et inoubliable oiseau!
Fernand Carrel
Ancien Commandant des Forces aériennes suisses
Pilote de Mirage III S 1967-1988